Le Massacre continue !

Face à la levée de boucliers provoquée par l’annonce de la destruction du Jardin Longchamp dans le but de construire un parking en plein site classé, il semblerait que la Ville ait choisi une façon insidieuse de parvenir à ses fins. L’abattage de tous les arbres en même temps n’aurait en effet pas manqué d’attirer l’attention. Donc on procède par étapes…

En mars 2008 une étude commandée par la Ville et donc peu suspecte de falsification faisait état de la santé remarquable des arbres Vénérables du Parc Longchamp.

En vertu de l’Arrêté Départemental du 9 avril 2004 prescrivant les moyens de lutte contre la maladie du chancre coloré et établissant des règles extrêmement strictes en cas d’abattage, on aurait pu penser que les arbres de Longchamp étaient à l’abri. C’était sans compter avec le laxisme ambiant particulier à Marseille.

Il y a deux ans en effet, sans autorisation préalable (rappelons que nous sommes en plein site classé et que toute intervention sur le site est soumise à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France et de la Commission Nationale des Monuments Historiques), et sans nécessité apparente, la Ville faisait poser des grilles tout près des platanes Vénérables. Ces travaux, touchant le fragile système radiculaire des Vénérables étaient la porte ouverte à la propagation des maladies. Peu de temps après en effet, on constatait que l’un des grands platanes jusque là en parfaite santé commençait à présenter des signes de maladie. Quelques mois après, un premier platane Vénérable était abattu, sans aucunes précautions particulières pourtant indispensables pour protéger les autres. Les branches étaient découpées à terre, la sciure volant dans tout le jardin, la souche contaminée restant sur place ! Pire : la sciure contaminée venait se mêler au broyat généreusement répandu au pied des arbres dans tout le jardin. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que la maladie se propage. Il est vrai qu’entre temps, la Ville avait clairement manifesté son intention de se débarrasser de cette végétation encombrante pour bétonner le site et en faire un parking !

Et depuis la série noire continue : un par un les Vénérables sont contaminés et abattus, toujours sans aucunes précautions sanitaires pour tenter de protéger les survivants, la maladie s’étendant ainsi progressivement et comme par hasard à toute la parcelle que la Ville souhaitait voir transformée en parking. Un abattage généralisé aurait soulevé un tollé, cet abattage progressif et insidieux passe quasiment inaperçu, d’autant qu’à cette époque de l’année les usagers du jardin sont peu nombreux en semaine.

Hier 6 décembre 2010 un nouvel abattage a eu lieu. Les photos prises à cette occasion montrent les conditions désastreuses de cet abattage. Une fois de plus, l’Arrêté du 9 avril 2004 est bafoué, la Ville et ses sous traitants n’en tenant aucun compte.

Donc le massacre continue. Il est à craindre que le plus ancien des platanes et le plus majestueux ne soit le prochain sur la liste. Quant aux autres arbres, chênes, marronniers et autres, au vu de la façon très particulière employée par certains « émondeurs » appartenant à une société sous traitante de la Ville (branches arrachées ou fracassées à coups de pieds comme nous avons pu le constater en janvier dernier après la neige), leur survie ne tient qu’à un fil.

Rappelons que le Collectif SOS Longchamp défend le Jardin Longchamp en tant que tel contre les promoteurs. Le mot d’ordre est : Longchamp doit rester un jardin public, le bien public ne doit pas être sacrifié en vue d’intérêts privés.

Il semble bien aujourd’hui que nous ayons atteint un point de non retour concernant la présence dans le parc des arbres Vénérables qui depuis près de 150 ans faisaient la joie et la fierté des Marseillais. Mais cela n’implique pas de livrer le jardin aux promoteurs et la destruction progressive de ce site patrimonial, historique et culturel à l’heure où Marseille se prépare à être capitale européenne de la culture est inadmissible.

Quoiqu’il arrive le Collectif continuera à se battre pour que Longchamp reste un jardin, pour que les arbres Vénérables sacrifiés, victimes de la malveillance et de la cupidité humaine, soient remplacés non par un hideux coffrage de béton mais par d’autres arbres que nous ne verrons sans doute pas grandir mais qui contribueront à assurer dans l’avenir la santé de nos enfants et petits enfants.

Le Collectif SOS.Longchamp

Pour mémoire voici quelques extraits de l’Arrêté Départemental du 9 avril 2004 signé par M le Préfet de Région PACA mais qui ne semble pas applicable à Longchamp.

« Toutes interventions sur les platanes du département : abattage, élagages, travaux de terrassement, travaux des champs ou d’entretien (faucardage, passage d’épareuse, curage…) effectués à proximité des arbres et pouvant provoquer par le fait des lésions sur ces arbres, devront respecter les règles de prophylaxie précisées ci-après :

A l’arrivée sur le chantier, quotidiennement et à la fin des travaux :

- le petit outillage sera désinfecté sur place par badigeonnage à l’alcool à brûler

- les engins de travaux publics et de transport seront d’abord lavés au jet à haute pression, puis désinfectés par pulvérisation d’un fongicide pour l’usage traitements généraux, traitements des locaux et matériels de culture fongicide n° 1106201 à base d’amonium quaternaire ou d’ortho-phenylphenol.

- Il est d’autre part recommandé de pratiquer l’élagage des platanes en période hivernale et de protéger les plaies de taille immédiatement après la coupe avec un onguent désinfectant à base de goudron de pin ou d’azaconazole et d’imazalil. Les propriétaires ou les maîtres d’ouvrages sont tenus de vérifier l’application de ces règles ».

… « Les déchets, sciures et branches seront récupérés et brûlés sur place ou bien transportés en récipients clos pour être brûlés quotidiennement.

Les troncs et les charpentières abattus constituant un danger de contamination considérable devront être, dans la mesure du possible, brûlés sur place ou débités pour être transportés sur le lieu de destruction, qui devra être indiqué préalablement à (DRAF) / Service Régional de la Protection des Végétaux (PACA). Les souches étant un réservoir de contamination devront être dans la mesure du possible arrachées et subiront le même traitement ».

« Toute infraction aux dispositions du présent arrêté sera passible des sanctions prévues à l’article L.251-20 du Code Rural ».

Quoi de neuf à Longchamp ?

Les mois passent et nombreux sont ceux qui s’étonnent de ne pas avoir de nouvelles. En effet depuis que le Collectif a été reçu en juin dernier par M Eugène Caselli, Président de MPM le dossier Longchamp semble être en attente.

Toutefois, sur place on constate une dégradation de la situation.
Fin août, un reportage diffusé sur FR3 attirait l’attention sur l’état déplorable de l’ancien jardin zoologique : bâtiments délabrés, saleté, manque d’entretien des plantations… Il est rare en effet que dans un jardin public (site classé qui plus est) les pancartes « attention danger » fleurissent comme primevères au printemps.

C’est pourtant le cas à Longchamp : anciennes cages ornées de ferrures rouillées pointant vers le passant, murs menaçant ruine maladroitement entourés de grillages et partout des avertissements dont bien entendu personne ne tient compte et surtout pas les  enfants.

Les plantations ne valent guère mieux : les coupes opérées sur les arbres vénérables au mépris de toutes règles sanitaires  ont gravement compromis leur santé et faute d’arrosage le jardin a énormément souffert de la sécheresse cet été. Ce qui rend d’autant plus surprenant certains choix quant au renouvellement des plantations : on a vu ainsi apparaître un peuplier et un saule pleureur arbres plutôt habitués aux bords  de rivières  qu’à ceux d’un terrain de foot.

Pourquoi le jardin le plus fréquenté de Marseille est-il ainsi laissé à l’abandon ?

On ne peut s’empêcher de penser que la Ville ne voit aucun intérêt à entretenir un site  voué à la disparition. Car une chose est désormais certaine : la construction du parking causera à très court terme le dépérissement  et la mort prématurée de toutes les parcelles environnantes.
Le Collectif SOS.Longchamp ne doit donc pas baisser les bras : le dossier devant la Cour Administrative d’Appel se constitue petit à petit et pour le moment il faut surtout s’armer de patience.

Le Collectif SOS Longchamp

Patrick Menucci s’oppose au projet de parking au Parc Longchamp.

Suite à notre rencontre avec Patrick Menucci, ce dernier nous apporte son soutien officiel par un communiqué publié le 5 juillet sur son site :

Je m’oppose formellement au projet du parking QPark sous le Parc Longchamp.

Le Parc Longchamp est limitrophe du 1er arrondissement. Il accueille un million de visiteurs par an, il est utilisé par les écoles, les centres aérés, les clubs seniors et de très nombreux promeneurs. Or, aujourd’hui par entêtement de la Ville de Marseille le Parc Longchamp est menacé.
La création du parking Q Park sera un désastre car non seulement il tuera les vingt-deux arbres de la parcelle du parking mais il met en péril soixante-dix autres arbres qui par assèchement des terrains vont disparaître.
Je demande aujourd’hui avec ce que nous savons des problèmes environnementaux, avec les préconisations du grenelle de l’environnement que soit définitivement annulé ce projet.
Je demande que soit remis en chantiers les quatre parkings de proximités (250 places) réservés aux résidents prévus par un vote du Conseil Municipal de 2000.
Si, j’approuve la position d’attente des recours judiciaires qu’a pris le Président de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole, il faut désormais aller plus loin pour préserver ce magnifique poumon vert du Centre Ville de Marseille.

Patrick Menucci

Maire du 1er secteur

Vice-Président de Marseille Provence Métropole
Vice-Président de la Région PACA

http://www.patrickmennucci.fr/

M. Eugène CASELLI, Président de la CUM, a reçu le Collectif !

Le vendredi 11 juin 2010 , le Collectif SOS Longchamp a été reçu par M Eugène Caselli, Président de MPM (Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole). En effet le contrat passé entre la société Q Park et MPM a été signé par le précédent Président de la CUM, M. Jean Claude Gaudin, et  il nous a semblé indispensable de connaître la position de M. Caselli sur le dossier Longchamp.

En préambule, M Caselli rappelle qu’il n’est pas l’instigateur de ce dossier mais qu’il en a « hérité » au même titre que d’autres contrats passés sous la mandature de M Gaudin. La CUM étant sous « gouvernance partagée » il est très difficile de revenir en arrière mais « aucune décision ne sera prise tant que toutes les voies de recours mises en route par les différents requérants ne seront pas épuisées ». Rappelons que plusieurs recours ont été déposés devant la Cour Administrative d’Appel et que en cas de rejet les requérants pourront aller devant le Conseil d’Etat. D‘autre part, il semble que la société Q Park « ne soit pas pressée de commencer le chantier »

Le Collectif
Rappelons d’entrée pourquoi nous nous battons : le Jardin Longchamp n’est pas seulement l’unique poumon vert du Centre Ville. Pour les Marseillais c’est également un lieu chargé d’histoire qui a été à juste titre classé aux Monuments Historiques.  La fréquentation du jardin est assez significative : un million de visiteurs par an dont les écoles, les centres aérés et les associations sportives qui trouvent là le seul lieu de rencontre des arrondissements centraux.

Qui a besoin d’un parking de 600 places ? Les études faites lors de la refonte du POS en 2000 ont montré que le besoin en parking « résidents » était de 250 places maximum. A cette époque un large consensus s’était établi autour d’un projet très réaliste de trois ou quatre petits parkings de proximité répartis autour du jardin. Le projet Q Park ne répond donc pas à une demande mais à la volonté clairement exprimée par le maire de secteur de « capter » les voitures en provenance de l’extérieur donc de servir de parking de délestage pour le métro et le tram.

M Caselli
« Le problème est que de petits parkings ne sont pas intéressants en terme de rentabilité. Toutefois, au vu du dossier, il semble que l’aspect environnemental n’ait pas été suffisamment pris en compte. Il aurait du y avoir une étude d’impact et nous allons nous tourner vers Q Park pour savoir si cette étude a été réalisée et dans l’affirmative qu’ils veuillent bien nous en communiquer les résultats. Il est surprenant de voir que sur les documents fournis, le jardin est à l’identique avant et après les travaux, il y a là une impossibilité et il est inquiétant de constater que les études montrent à court terme un impact très négatif sur l’ensemble de l’Espace Boisé Classé. De plus il est bien prévu dans le contrat qu’il s’agit d’un parking pour les résidents et non d’un parking de délestage et à l’évidence ce parking est trop important pour les seuls besoins des résidents.  Il semble d’autre part que les associations de commerçants soient favorables à la construction de ce parking. »

Le Collectif
Nous avons rencontré l’Association des Commerçants des Chartreux : ils sont favorables au parking mais sont ouverts à la discussion pour trouver un autre lieu. L’Association des Commerçants des 5-Avenues est trop proche de la Mairie pour avoir un avis objectif. A ce jour d’ailleurs, l’offre en matière de parking autour des 5 Avenues est en train de devenir très importante : 450 places viennent d’ouvrir à Vallier (300 m et une station de tram des 5-Avenues) et 946 places sur 5 niveaux vont être ouvertes prochainement près de Sébastopol (350 m des 5 Avenues), sans compter la centaine de places en surface sur Sébastopol. Il est vrai que les prix pratiqués, très élevés sont dissuasifs mais le parking de Q Park ne sera pas gratuit non plus.  On ne peut pas prétendre qu’on manque de places pour les commerces des 5-Avenues alors que 400 places vides attendent le client à Vallier qui est à 3 mn à pieds.

M Caselli
«  Il faut bien sûr tenir compte de l’offre nouvellement créée à Vallier et j’ignorais qu’un parking aussi important allait ouvrir près de Sébastopol : 600 places de plus à si peu de distance semble effectivement beaucoup. Il est évident qu’il semble absurde que l’offre soit supérieure à la demande et dans ce cas de figure nous aurons un argument pour discuter. Le centre ville ne doit pas être un aspirateur à voitures. Le problème c’est qu’on a commencé par le tram alors qu’il aurait fallu penser d’abord au stationnement. De plus il n’est pas normal de faire des parkings de délestage en milieu de ligne.
Malheureusement aujourd’hui notre marge de manœuvre est étroite, d’abord en raison de la « gouvernance partagée » déjà évoquée mais aussi pour des raisons comptables : la CUM a déjà versé 1.750.000 euros à Q Park à titre d’avance, sans compter les 500.000 euros d’études, sur les 12 millions que va coûter le parking. Quant à savoir si ce parking sera rentable ou pas, ce n’est pas le problème de Q Park puisqu’en cas de déficit d’exploitation,  c’est la CUM qui assumera ce déficit. »
Le Collectif
M Le Président, doit on comprendre que, après avoir fait cadeau à Q Park d’un terrain en site classé d’une valeur inestimable et avoir assuré le coût des travaux pour 12 millions, puis la remise en état des lieux estimée à près d’un million d’euros supplémentaires, le contribuable marseillais devra encore mettre la main à la poche pour couvrir le déficit d’exploitation qui semble inévitable?  Et que Q Park a déjà empoché près de 2 millions d’euros sans avoir rien fait ?

M Caselli
« Je n’y peux rien, ce sont les termes du contrat signé par mon prédécesseur, si nous voulons revenir dessus il y aura un dédit à payer que nous ne pouvons chiffrer aujourd’hui. Mais je vous le répète, je ne ferais rien pour l’instant. Certains élus à la CUM sont partisans de ce parking et il n’est pas évident que la décision de revenir sur le contrat obtienne la majorité. »

Le Collectif SOS Longchamp remercie M Eugène Caselli, Président de la CUM,  de lui avoir accordé cette entrevue et remercie également les élus qui sont intervenus pour que cette rencontre soit possible.

Grande marche pour l’environnement, la santé, la solidarité et le cadre de vie, le 19 Juin à 14h

Chères amies, chers amis,

Comme chaque année depuis 11 ans, l’équipe d’ECOFORUM vous invite à participer à la MARCHE POUR L’ENVIRONNEMENT,
LA SANTÉ, LA SOLIDARITE ET LE CADRE DE VIE, le samedi 19 juin 2010 à 14 h.

A Marseille, le rendez-vous est prévu aux Réformés. Ce moment fort sera l’occasion de faire connaître nos revendications, nos propositions et de montrer le poids du tissu associatif. Le 19 juin, nous ferons entendre notre voix.
Voici les principes et le cadre de l’organisation de la marche :

santé de tous et développement de la solidarité. Cette marche unitaire permet à chaque association et au tissu associatif
dans son ensemble de se faire entendre dans le respect des diversités.
· La marche partira des Réformés, en haut de la Canebière.
· Le cortège descendra la Canebière vers le Vieux Port en direction de l’Hôtel de Ville.
· Chaque association agissant pour l’environnement, la santé et la solidarité peut participer : contactez Marie Anne Le
Meur au 06 42 83 09 89, et/ou envoyez le « coupon » de confirmation ci-dessous.
· Pour présenter les objectifs de la marche et des associations participantes, nous avons prévu 2 conférences de presse,
au local d’Ecoforum, 24 Bd d’Athènes, 13001, Marseille, aux dates suivantes : Lundi 31 mai à 11 h, Lundi 14 juin à 11 h.
L’ordre de passage sera établi par ordre d’arrivée des demandes, avec un maximum de 10 associations par conférence de
presse.
· Chaque mardi, à partir du 25 mai, une permanence sera assurée au 24, Bd d’Athènes, de 18 h à 19 h, pour l’organisation
de la manifestation. Des tracts seront à votre disposition, et vous pourrez également participer plus étroitement à
l’organisation.
· Enfin, cette marche se veut aussi un moment festif, c’est pourquoi nous demandons à chaque association de penser aux
signes visuels tels que des déguisements, pour les jeunes et moins jeunes, des chars, des animations, musique, chants…
· Vous trouverez sur www.ecoforum.fr toutes les informations nécessaires au bon déroulement de cette marche: diverses
recommandations, des tracts, des revendications ou des messages que vous pourrez télécharger si vous le souhaitez, un
jingle pour les radios, des communiqués de presse à adapter…
Nous remercions par avance toutes les associations pour leur solidarité et leur implication.

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